mardi 3 avril 2012

Les objets du culte (1)

Puces, vide-greniers et dépôts-ventes, traque sur les sites d'objets d'occasion, greniers de mamies et malles des Indes : cette nouvelle rubrique extirpe livres, affiches, photos, VHS, figurines... tout objet de plaisir qui gravite autour des films et du cinéma.

THE FILM CLASSICS LIBRARY : PSYCHO  Edited By Richard J. Anobile
En 1974, aux États-Unis, Richard J. Anobile, un fou de cinéma qui deviendra directeur de producteur quelques années plus tard, lance une collection de livres dont chaque volume est consacré à un film. Sans analyse, ni commentaire à l'exception d'une rapide introduction de deux pages, l'ouvrage est constitué de photogrammes directement tirés du film et recomposés en pages..Plus de 1 300 images, parfois accompagnées des dialogues du film, respectant scrupuleusement le déroulé séquentiel : un photo-roman complet de 250 pages.
Quelques scans permettent de se faire une idée de la chose. J'ai volontairement occulté le meurtre sous la douche, par ailleurs abondamment illustré dans le Hitchcock/Truffaut paru chez Ramsay. De toute façon chaque page vaut le coup d’œil.















 

 


 
La collection n'a pas duré longtemps, elle recèle tout de même quelques titres essentiels : Frankenstein, Casablanca, Le Faucon Maltais, La Chevauchée Fantastique.


Rareté : 
Difficile à trouver en France, PSYCHO est proposé en import des États-Unis pour moins d'un dollar... plus les frais de port.

    

lundi 2 avril 2012

Joe Dante pense à tout

A l'origine ce devait être un petit article dans le numéro 6 mais l'abondance rédactionnelle l'a fait sauter...

Voici toute l'histoire :
En 1990, sort Gremlins 2, la nouvelle génération, suite des métamorphoses du Mogwaï, encore plus loufoque que l'original, qui charge allègrement le capitalisme et le cynisme commercial.
Durant une séquence d'anthologie, les Gremlins prennent le pouvoir sur la ville puis carrément sur le film que nous sommes en train de regarder (extrait 1).
Un an plus tard, pour la sortie en VHS du film (et malgré l'échec en salles) Joe Dante pousse le professionnalisme et l'amour de son public jusqu'au bout : conscient que l'effet "Gremlins derrière l'écran" n'a plus aucun sens lorsqu'on regarde le film dans son salon, il réalise une variante spéciale magnétoscopes  (Extrait 2). Variante qui, à notre connaissance, n'a bizarrement été reprise sur aucune édition DVD*.

Extrait 1 : Gremlins 2 version cinéma

Extrait 2 : Gremlins 2 en VHS


Ce post est tout spécialement dédié à nos camarades des éditions Rouge Profond, qui ont publié Joe Dante, L'art du je(u) de Frank Lafond, et de TORSO qui ont consacré leur dernier numéro à Joe Dante.

* En fait la séquence est visible en bonus caché sur le DVD, c'est Frank Lafond lui-même qui nous a apporté l'info : on ne la fait pas à un spécialiste ! 

jeudi 29 mars 2012

Craignos monsters, nucléaire et système D

Le dernier coffret de la collection Prestige d'Artus Films s'aligne avec les précédents : Destination mars et Les Dinosaures attaquent. Sous l'intitulé Les Monstres viennent de l'espace, il propose quatre films réalisés à la fin des années 50 par des artisans de la série B, emblématiques d'une tendance forte de l'époque. Après le succès du mythique Le Jour où la terre s'arrêta, les films de SF prenant pour point de départ l'invasion extra-terrestre sont devenus une valeur sûre de l'industrie cinématographique, qu'elle soit financée correctement par de grands studios ou produite à l'arrache par des francs-tireurs de Hollywood. La sélection proposée par Artus est au-dessus des productions d'Ed Wood, même si les budgets ne sont pas toujours beaucoup plus riches...

The Hideous Sun Demon, valorisé en son temps par l'inénarrable J-P Putters dans la saga des Craignos Monsters (trois tomes indispensables aux éditions Vent d'Ouest) montre la métamorphose d'un savant exposé aux radiations. C'est d'ailleurs une autre constante du coffret : le rôle du nucléaire dans les intrigues, qu'il soit la cause de mutations ou l'arme envisagée pour détruire l'envahisseur.  
The Hideous Sun Demon, malgré un scénario tiré par les cheveux, se suit assez bien et ne manque pas de rythme. A la fois naïf et léger, le film bénéficie d'un casting plaisant, d'une créature hilarante et d'un final qui donne le vertige. Même si l'envahisseur, en l’occurrence, ne vient pas de Mars, le film s'inscrit bien dans l'esthétique et la débrouillardise qui caractérisent le genre et le type de productions proposées dans le coffret.
Not of this Earth est le parfait exemple de la méthode Corman : un film de science-fiction réalisé avec quatre acteurs, un scénario maigre mais retors, un soupçon fugace d'érotisme 50's et le minimum syndical d'effets spéciaux. Exemple : l'extra-terrestre, personnage central du film et menace pour les protagonistes, se caractérise par son regard blanc (une paire de lentilles opaques, cachées la plupart du temps sous des lunettes noires) qui suffisent à le rendre bizarre et inquiétant. 


Le film navigue d'ailleurs entre SF, horreur et thriller, même si le manque de moyen empêche un peu le décollage. Maximum respect cependant pour le minimalisme du maître : Not of this Earth est déjà le 9ème film dans la carrière de Roger Corman qui avait démarrée moins de deux ans auparavant !
A noter également la présence au générique de Dick Miller, gueule incontournable de la série B qui deviendra acteur fétiche de Joe Dante. Il interprète ici un vendeur d'aspirateurs particulièrement encombrant pour le méchant Alien : Corman venge avec humour et en quelques minutes des générations de victimes du porte-à-porte ! Enfin, on saluera la pirouette finale dont l'ambiance n'est pas sans évoquer avec un peu d'avance le début de La Nuit des mort-vivants.
Un soupçon fugace d'érotisme fifties

des effets spéciaux terrifiants
















Et Dick Miller !




Pour The Cosmic Man c'est exactement l'inverse : la réalisation est peu inspirée et c'est d'autant plus dommage que l'histoire comporte quelques idées intéressantes. Mélange approximatif d'Invaders from mars (voir coffret Destination Mars chez le même éditeur) et de The Lodger, il place un mystérieux inconnu dans une pension où se côtoient, avec une diplomatie un brin forcée, scientifiques et militaires. Cherchez l'intrus, mais aussi cherchez la femme, objet de séduction et de convoitise dont le fils jouera un rôle capital dans le dénouement de l'intrigue. Étonnamment critique envers la discipline et la mentalité militaires (surtout en cette époque de triomphalisme américain), le film se rapproche du pacifisme du Jour où la terre s'arrêta, mais s'avère au final encore plus pessimiste.


Enfin on doit le dernier titre, Kronos, à Kurt Neuman, stakhanoviste de la série B passé par tous les genres (dont quelques Tarzans avec Jhonny Weissmuller), qui réalisera l'année suivante son classique de l'horreur scientifique : La Mouche noire. Là, on a droit aux soucoupes volantes, aux labos plein de boutons électroniques, aux mystérieux rayons lumineux, et à un stupéfiant robot géant qui terrorise la planète afin de pomper toute son énergie. On s'y ennuie un peu, on y rit pas mal, et l'on se demande si le Cinémascope a vraiment été inventé pour ça !


Au final, encore une fois, la sélection d'Artus Films rappelle l'intérêt majeur du DVD pour constituer une mémoire vive du cinéma. Si la qualité des films est variable et leur intérêt historique peut se discuter au cas par cas, le coffret offre un regard émouvant sur une période révolue du spectacle cinématographique et permet de mesurer ce qu'on a perdu en naïveté et, par conséquent, en capacité d'émerveillement. 
Les bonus sont réduits à la portion congrue (bandes-annonces et diaporamas), les copies sont un peu touchées mais le transfert est nickel.
Surtout, une fois de plus, le visuel du coffret est splendide, aussi bien en couverture que sur les rabats intérieurs, et les fameuses cartes postales reproduisant les affiches d'époque en font d'ores et déjà un objet précieux, aux prix imbattable de 22,90€.     



mardi 27 mars 2012

En vente libre

Après un beau petit succès au Festival Cinéma d'Alès (une quinzaine d'exemplaires partis sur le week-end) le nouveau Peeping Tom est enfin disponible à la vente ici-même (onglet "boutique PEEPING TOM") et sera dans la semaine en rayon chez "En traits libres", atelier de créations graphiques en tous genres situé au cœur de Montpellier.







samedi 24 mars 2012

Paru

Le numéro 6 de Peeping Tom vient d'arriver.
Il est en vente pour l'instant au Festival Cinéma d'Alès - Itinérances qui se termine ce week-end et dès lundi sur ce blog.


samedi 10 mars 2012

Les voyages de Tom


Jeudi 8 mars 2012
Peeping Tom était à la cinémathèque de Nice


La preuve

Ils lisent Peeping Tom (réalisé sans trucage)
Orange Collar
Bla-bla-bla

lundi 5 mars 2012

Célébrons Schrader avec la cinémathèque de Nice


Répartis sur deux jours, 5 films donnent un aperçu des talents et démons du réalisateur Paul Schrader à qui nous consacrions un numéro spécial voici un an.
Jeudi 8 mars, Julien Camy, Christophe Bauer et Jan Jouvert, tous trois rédacteurs de Peeping Tom seront sur place pour présenter :

- à 18h Blue Collar
Avec Richard Pryor, Harvey Keitel, Yaphet Kotto
Trois ouvriers d'une usine d'automobiles décident, face à l'imobilisme de leur syndicat, de cambrioler leurs bureaux. Ils tombent sur des informations compromettantes.

- à 20h Affliction
Avec : Nick Nolte, James Coburn, Sissi Spacek, Willem Dafoe
Dans une petite localité du New Hampshire, l'officier de police local se débat entre les complications de son divorce, ses rapports conflictuels avec son père et son enquête sur un curieux accident de chasse.

Le lendemain, la cinémathèque de Nice programme une journée fiévreuse avec Hardcore (18h) Etrange séduction (20h) et Auto Focus (21h45) : la nuit sera longue ! 


vendredi 2 mars 2012

Populaire mais pointu !

La concurrence n'existant pas dans le monde merveilleux du fanzinat, il serait honteux de ne pas parler ici de nos précieux confrères activistes de Chéribibi, revue saisonnière dédiée aux cultures populaires, dont la lecture fait régaler le corps et l'esprit.
Le numéro 007, sorti déjà depuis quelques mois, persiste et signe dans la redécouverte d'objets culturels propres à réveiller nos cerveaux ramollis par la médiocrité ambiante. 
Au rayon cinéma, après d'édifiants articles sur le western Zappata (numéro 2) ou les kung-fu révolutionnaires (le 3), Chéribibi a entrepris une série de dossiers sur les femmes actives dans le cinéma populaire. Par "femme active", je n'entends pas les cheftaines d'entreprise en jupe et tailleur, mais une galerie de demoiselles en butte à la violence, l'autorité et la domination masculine qui décident que la coupe est pleine et prennent les armes, les devants, le pouvoir, etc.
Dans ce numéro 7, le dossier sur le "Rape and revenge", signé DPC, s'impose comme l'article le plus pertinent et l'un des plus complets qu'on ait lu sur ce sujet épineux. Complet et non pas exhaustif, ce qui s'avèrerait d'une part fastidieux et surtout indigeste : "... dans la préparation d'un dossier kung-fu ou western, bon je vois des daubes et c'est pénible, mais quand c'est de bon films c'est cool. Là aussi, un mauvais R&R est pénible à voir, mais par contre, un bon également." Car, comme le précise également DPC, le "Rape and revenge" qui consiste à raconter le parcours d'héroïnes qui prennent leur revanche après un viol, n'est pas un genre, mais bien une figure particulière du cinéma, qui irrigue plusieurs genres et plusieurs catégories de productions (allant de très douteux films d'exploitation à de très douteux films hollywoodiens). 
On voit très clairement tout ce que ce type d'histoires peut générer de complaisant, voire d'alibi lourdingue pour satisfaire le voyeurisme le plus odieux. Et c'est là que la qualité du dossier en impose : interrogeant très clairement le rôle que jouent dans ces films les femmes, la violence, la morale chrétienne ("oeil pour oeil") les clichés sociétaux (La victime ne l'a-t-elle pas cherché ? Le violeur n'a-t-il pas d'excuse ?) et les contraintes de production (Comment donner l'impression de défendre la cause des femmes tout en exploitant leur nudité), l'approche évite les simplifications douteuses qu'on trouve notamment sur certains forums. 
Le tri méticuleux qui s'opère sur 16 pages très denses permet ainsi d'y voir plus clair entre les films qui posent de réelles questions aux spectateurs et ceux qui alimentent ses fantasmes. On y croise pêle-mêle les fleurons du genre (de La Source de Bergman à Sweet Karma du Canadien Andrew T. Hunt, 2009, en passant par les incontournables Day of the Woman de Meir Zarchi ou L'Ange de la vengeance d'Abel Ferrara). Mais on y aborde aussi une flopée de titres méconnus qui montrent d'une part la pérennité archétypale de ce type de récits, mais aussi son évolution, ses dérives, ses curiosités et ses perles à réévaluer. 
Avec une grande vigilance sur les diverses orientations des scénarios et mises en scène de cette filmographie éprouvante, le dossier dépasse largement l'identification et le balayage d'une spécificité du cinéma pour élargir à une réflexion sur la représentation et plus simplement la place des femmes dans le cinéma..
On retrouve cette qualité de regard et cette curiosité tout au long de Chéribibi qui évoque avec la même gourmandise contagieuse la peinture (Clovis Trouille), la chanson paillarde jamaïcaine (?!) ou encore la littérature de gare (avec un article jubilatoire qui donne envie d'aller fouiner aux puces pour récolter toute la collection des TNT).

Et c'est comme ça depuis le premier numéro ! 

Chéribibi est disponible, entre autres, chez Sin'art
Sinon y'a le Chéribiblog.
  

mardi 21 février 2012

Sombre Western


Dans la nouvelle livraison de l'éditeur Artus Films, saluons pour commencer Fort Invincible (Only The Valiant), un western inédit en zone 2.
Gordon Douglas est ce qu'on appelle un tâcheron d' Hollywood, c'est à dire un réalisateur à la filmographie conséquente et mercenaire, acceptant tous les genres et toutes les contraintes de production avec professionnalisme. Ce qui n'exclut pas le talent. Ayant démarré en réalisant des Laurel et Hardy ou des épisodes des gamineries farceuses de la série des Petites canailles, Gordon Douglas aligne une centaine de titres dont quelques moments de gloire : Sur la piste des Comanches un western de bonne réputation de  1958, Call me Mr Tibbs, un classique de la blaxploitation en 1970 et, bien sûr, ce petit chef d’œuvre de SF fantastique : Them ! (Des monstres attaquent la ville).

Il convient d'ajouter ce Fort Invincible à ses réussites. Bâti sur un scénario exemplaire d'Edmund North (Le Jour où la terre s'arrêta) et Harry Brown, le film raconte le parcours ardu du Capitaine de cavalerie Richard Lance (Gregory Peck), contraint d'envoyer son ami (mais rival en amour) à une mort certaine, puis de reprendre sa mission.  Il part donc avec quelques hommes s'enfermer dans les murs de Fort Invincible, espace fantôme en ruines, idéalement placé pour résister à la menace indienne.
Cet argument rassemble ainsi deux figures imposées du western : le film de cavalerie et le héros assiégé. Mais tout le sel de la situation vient du fait que le héros embarque avec lui une équipée de bras cassés qui, pour la plupart, le détestent. La tension vient donc autant de l'ennemi invisible (les Indiens) que de la gangrène intérieure (le régiment). Le scénario va ainsi jouer sur les révélations des motivations des divers personnages et l'évolution des rapports malsains entre les différents membres du commando.

Cette tension croissante tire le film vers le thriller et l'angoisse, son pessimisme et sa photo le rapprocheraient du film noir, certaines séquences lorgnent même du côté du film d'horreur. Le délabrement du décor fait écho à celui de la cavalerie (annoncé d'entrée par un général à moitié gâteux, vrai responsable du fiasco initial). La présence envahissante de la déchéance humaine et de la mort renvoient une curieuse image de l'armée américaine. 
Une image profondément négative difficilement sauvée par l'intelligence sacrificielle du Capitaine. L’ambiguïté froide de Gregory Peck entretient la position inconfortable du spectateur qui ne sait jamais s'il à affaire à un authentique héros ou à un fou suicidaire  La boucherie finale et le happy end de convention échouent à faire passer les Indiens pour le véritable danger.
Comme le dit très justement la jaquette du DVD, Fort Invincible anticipe de quelques quinze années Les 12 salopards, mais il est surtout un brillant exemple de ces huis-clos des grands espaces dont le western a donné quelques perles et dont je ne serais pas surpris qu'ils fassent l'objet d'un article dans Peeping Tom un de ces quatre.
En attendant, si la nouvelle collection d'Artus Films annonce "Les Grands Classiques du Western", ne vous y trompez pas : celui-ci est furieusement moderne et mérite d'être redécouvert aujourd'hui, plus de 60 ans après sa création.

 


















Le DVD
Côté technique, la compression est bonne et restitue honnêtement le noir et blanc subtil de Lionel Lindon.  La copie d'origine est un peu touchée ce qui ne gâche rien, et renforce même l'illusion de retrouver l'émotion du cinéma dans son salon. En résumé : on est loin du Blu-ray et c'est tant mieux !
Côté supplément, il est assuré par Eddy Moine qui raconte en un long monologue de 33 minutes l'histoire du film, la carrière de ses interprètes et entame une réhabilitation nécessaire de Gordon Douglas. Même si l'on ne sort pas du traditionnel plan fixe agrémenté de documents visuels et d'extraits du film, l'orateur s'avère d'une érudition impressionnante et d'un enthousiasme communicatif.   


   

lundi 13 février 2012

Image par image

Photo honteusement volée au blog "Un soir, un plan"

Rajouté dans les liens "Là où Tom se promène" (en bas à droite) depuis quelques jours : un autre blog qui parle de cinéma, mais se distingue de la masse des "J'aime/J'aime pas", "Je kiffe sa mère le cinéma d'auteur", "Cantin Tarantineau ait un jéni", etc, qu'on rencontre le plus souvent sur la blogosphère. 
Un soir, un plan, comme son nom le suggère, entre au cinéma à pas de loup, par une fenêtre dérobée. Un film est évoqué par une séquence, une image, au fil d'articles assez courts. Juste assez pour donner envie, évitant le jugement laconique évoqué ci-dessus, sans sombrer non plus dans le pensum universitaire ou le délire interprétatif. 
L' honnêteté me pousse à avouer que je partage pas mal des coups de cœur du maître des lieux, mais, même lorsqu'on n'est pas sensible aux mêmes films que lui, la prose reste vivement intéressante et vous donnerait envie d'y retourner voir une deuxième fois (encore que pour Clark Gable et Autant en emporte le vent je résiste...) Le seul reproche qu'on peut faire, c'est la fréquence espacée des posts, certainement voulue pour alimenter notre frustration de lecteur.
De toutes façons, on peut tout pardonner à quelqu'un qui aime Ally Sheedy.   

vendredi 10 février 2012

Tous genres confondus



Retour fracassant de l'éditeur Artus Films avec trois sorties prévues pour le 6 mars :
- Un incunable d'Anthony Mann, Le Livre noir. un film en costume situé dans l’après Révolution française "traité à la manière du film noir et du thriller", dixit la jaquette.
- Fort Invincible, un western inédit en Zone 2 signé Gordon Douglas, stakhanoviste de la série B hautement recommandable (Des monstres attaquent la ville)
- Un coffret de 4 films consacrés à l'invasion extra-terrestres : Les Monstres viennent de l'espace, nanti d'un bien beau visuel qui ne dépareillera pas avec les déjà précieux Destination Mars et Les Dinosaures attaquent, sortis chez le même éditeur.

Revue détaillée de ce copieux arrivage après visionnage, dans les semaines qui viennent...



samedi 4 février 2012

Raising De Palma

"...je ne suis pas content de L'Esprit de Caïn. Dans mon projet de départ, l'histoire était racontée de manière beaucoup plus elliptique. Le film aurait dû débuter par l'histoire de Jenny."*


Peet Gelderblom réalisateur/monteur hollandais vient de remonter à titre expérimental le film de Brian De Palma selon l'optique énoncée par le réalisateur lui-même, à partir de la copie existante, sans avoir accès aux chutes de tournages ou à du matériel coupé au montage. Il détaille sa méthode et le sens de sa démarche, ses doutes et ses hypothèses sur le site Press Play  où son montage est visible dans son intégralité pour quelques temps.

Le résultat sera discuté, mais c'est justement ce qui en fait tout l’intérêt : il  n'invalide en rien la version originale, et se contente de proposer une alternative. Contrairement, par exemple, au remontage de La Soif du mal selon les préceptes d'Orson Welles qui a complètement occulté la version originellement sortie en salle... 


* Brian De Palma in "Brian De Palma, entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurant Vachaud', p 152 - éd Calmann-Lévy

jeudi 2 février 2012

Sept ans de rédaction


Copieux, roboratif, dense, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la nouvelle livraison du fanzine Medusa qui, après sept ans de silence, sort un numéro 23 des plus réjouissants. Porté à bouts de bras par Didier Lefevre aidé par deux poignées de rédacteurs venus de tous les horizons des cinéphilies les moins recommandables, Medusa 23 aligne quelques 222 pages avec un penchant prononcé pour le cinéma transalpin, mais pas seulement. 
On ne fera pas de revue de détail, d'autant plus que la surprise fait partie du plaisir de lecture (les pages ne sont pas numérotées : loin d'être un handicap, ça accroit l'impression de joyeux fourre-tout intarissable de ce numéro).
On se délectera donc, dans le désordre le plus total, d'interviews inédites et passionnantes (l'acteur-réalisateur d'horreur et de Z Tim Sullivan, Thierry Lopez qui raconte la jeune histoire d'Artus Films ou encore le compositeur de b.o. Franco Micalizzi), d'un dossier sur la sulfureuse Teensploitation,  mais surtout de chroniques de films de genre, de cinéma bis ou d'exploitation, qui font le plat de résistance de ce numéro de Medusa. Dans le désordre le plus total ou bien rassemblées par thèmes (western italien, fantastique espagnol...) elles évoquent des films méconnus ou carrément invisibles avec une gourmandise communicative qui excuse bien des fautes d'orthographe ou des approximations grammaticales (quel correcteur serait assez fou pour se taper 222 pages de cinéphagie ?)

Le même en coupe (ça n'est que la maquette, le numéro est relié/collé bien proprement)

Cette profusion évite la confusion grâce à une maquette claire et aérée, illustrée par de nombreuses reproductions d'affiches et de photos en noir et blanc, dans la grande tradition du fanzinat. 
Et dans cette forêt de curiosités se dégage parfois une espèce de poésie du bis, un style qui n'appartient qu'aux amateurs forcenés,  qu'aucun journaliste encarté n'est capable de produire. Citons, pour mémoire, le titre de la section consacrée aux films de cul : "Belles foufounes et  jus de roupettes". Et, tiré de la rubrique "Le bis bazar" (constitué de brèves pas toujours fraîches au vu du temps de gestation du fanzine, mais qu'importe...), ce haïku aussi mystérieux que poétique : "Si Gérard LANDRY est bel et bien français, Gérard TICHY est espagnol !"

Si l'on n'est pas certain de tenir sept ans de plus, malgré la richesse de ce chapitre 23, voilà en tous cas largement de quoi passer l'hiver au chaud. 

Pour commander Medusa Fanzine numéro 23, aller sur le blog de Medusa ou chez Sin'art