jeudi 2 février 2012

Sept ans de rédaction


Copieux, roboratif, dense, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier la nouvelle livraison du fanzine Medusa qui, après sept ans de silence, sort un numéro 23 des plus réjouissants. Porté à bouts de bras par Didier Lefevre aidé par deux poignées de rédacteurs venus de tous les horizons des cinéphilies les moins recommandables, Medusa 23 aligne quelques 222 pages avec un penchant prononcé pour le cinéma transalpin, mais pas seulement. 
On ne fera pas de revue de détail, d'autant plus que la surprise fait partie du plaisir de lecture (les pages ne sont pas numérotées : loin d'être un handicap, ça accroit l'impression de joyeux fourre-tout intarissable de ce numéro).
On se délectera donc, dans le désordre le plus total, d'interviews inédites et passionnantes (l'acteur-réalisateur d'horreur et de Z Tim Sullivan, Thierry Lopez qui raconte la jeune histoire d'Artus Films ou encore le compositeur de b.o. Franco Micalizzi), d'un dossier sur la sulfureuse Teensploitation,  mais surtout de chroniques de films de genre, de cinéma bis ou d'exploitation, qui font le plat de résistance de ce numéro de Medusa. Dans le désordre le plus total ou bien rassemblées par thèmes (western italien, fantastique espagnol...) elles évoquent des films méconnus ou carrément invisibles avec une gourmandise communicative qui excuse bien des fautes d'orthographe ou des approximations grammaticales (quel correcteur serait assez fou pour se taper 222 pages de cinéphagie ?)

Le même en coupe (ça n'est que la maquette, le numéro est relié/collé bien proprement)

Cette profusion évite la confusion grâce à une maquette claire et aérée, illustrée par de nombreuses reproductions d'affiches et de photos en noir et blanc, dans la grande tradition du fanzinat. 
Et dans cette forêt de curiosités se dégage parfois une espèce de poésie du bis, un style qui n'appartient qu'aux amateurs forcenés,  qu'aucun journaliste encarté n'est capable de produire. Citons, pour mémoire, le titre de la section consacrée aux films de cul : "Belles foufounes et  jus de roupettes". Et, tiré de la rubrique "Le bis bazar" (constitué de brèves pas toujours fraîches au vu du temps de gestation du fanzine, mais qu'importe...), ce haïku aussi mystérieux que poétique : "Si Gérard LANDRY est bel et bien français, Gérard TICHY est espagnol !"

Si l'on n'est pas certain de tenir sept ans de plus, malgré la richesse de ce chapitre 23, voilà en tous cas largement de quoi passer l'hiver au chaud. 

Pour commander Medusa Fanzine numéro 23, aller sur le blog de Medusa ou chez Sin'art



1 commentaire:

  1. Merci beaucoup pour cette chronique qui résume parfaitement l'esprit qui m'anime et l'essence du zine !

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