lundi 28 mai 2012

Les objets du culte (3)

Spectral 3ème série - n°1 : Les Créatures de l'île



Dans les années 80, on trouvait en kiosque une variété impressionnante de petits formats dédiés à la publication de bandes dessinées. Aventure dans la jungle, super-héros, guerre et western, les cadors des comics américains côtoyaient les imitateurs plus ou moins grossiers de France, d'Italie, voire d'Espagne.
La revue SPECTRAL (6,50f, soit 1€ le numéro) présentait, entre autres, les aventures de La Créature du marais, initiée par Berni Wrightson et habilement reprise par Tom Yeates. Le premier volet de cette troisième série nous intéresse ici parce qu'il cite allègrement quelques classiques du cinéma, dans un scénario de Martin Pasko étonnamment subversif pour une production DC Comics.

Clique sur les images ci-dessous pour les agrandir et amuse-toi avec tes amis à reconnaitre tous les films représentés dans cet illustré !











dimanche 27 mai 2012

80's again


La réponse du berger à la bergère : après le pavé de luxe Rockyrama qui célébrait les années 80 synthétiques et testostéronées, le fanzine Cinétrange annonce enfin son retour version papier (souvenez-vous de l'indispensable numéro 100 ans de cinéma fantastique français), avec l'alléchant numéro intitulé Nos années 80.
Le communiqué de Sin'art, éditeur de la chose, annonce :

L’ouvrage se compose de dossiers de fond et de chroniques « coups de coeur ». La carrière de grands noms de l’époque est passée en revue : Steven Spielberg, Joe Dante, John Landis, William Lustig, Lucio Fulci. On y trouve aussi des dossiers thématiques : macho women of the eighties, le cinéma bis italien, musiques synthétiques des années 80. Découvrez la chronique des coups de cœur de la rédaction L’Enfer des armes, La Glace et le Feu, Le Choc des Titans. Abondamment illustré, ce premier volume sera suivi d’un deuxième qui sortira en novembre 2012

C'est évidemment disponible sur le site de Sin'art, on vous en dit plus dès qu'on la commandé, reçu, et lu....

jeudi 24 mai 2012

C'est déjà demain !

Un petit avant goût de la soirée Peeping Tom, demain, 19h, à l'atelier En Traits Libres, 2 rue du Bayle à Montpellier. Un, parmi la quarantaine d'extraits diffusés...

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dimanche 20 mai 2012

Frissons pop


J'ai découvert Vierges pour le bourreau, un matin, lors du très regretté Cinéma de Quartier que Jean-Pierre Dionnet animait sur Canal Plus.
Durant tout le film, je n’arrêtais pas de me répéter que c'était nul, mais, une fois le générique fini, j'ai immédiatement regretté de ne pas l'avoir enregistré. C'était la dernière diffusion...
Une dizaine d'années plus tard Artus Films sort enfin Il boia scarlatto (Le bourreau écarlate, véritable titre original du film, qui s'est appelé aussi en France Filles pour le bourreau) et, à la revoyure, le plaisir est encore plus pervers !



Le bourreau
Les vierges
Vierges pour le bourreau vient donc rejoindre les premiers titres de la collection "Chefs d’œuvres du Gothique" qui commence à sérieusement s'étoffer chez notre éditeur préféré. Si l'histoire et les décors entrent en résonance directe avec les classiques du gothique italien (Le fondateur Masque du démon, mais aussi La Vierge de Nuremberg et L'Effroyable secret du docteur Hichcock dont on va vous reparler très bientôt), le film s'apparente aussi à un genre moins officiel qu'on pourrait qualifier de "Pop crime". Car même si l'action se déroule entièrement dans un château avec ses recoins secrets, sa chambre des tortures et son fantôme moyenâgeux, on est plus proche de l'esthétique lumineuse et bariolée de L'ïle de l'épouvante, le polar sadique et aguicheur de Mario Bava. Les personnages, une équipe qui s’incruste dans un château pour y mettre en scène un roman-photo d'horreur, dégagent  un parfum de superficialité branchée, renforcé par l'érotisme extrêmement soft (des filles en bikini, on aperçoit un téton pendant une fraction de seconde) mais bien présent sur les 83 minutes du métrage. Ajoutez à ça une bande-son qui s'éloigne des standards de l'horreur pour lorgner vers un groove moelleux et vous obtenez un film d'horreur enrobé dans un sucre d'orge. Même la fameuse "vierge de nuremberg", instrument de torture fétiche du gothique transalpin, est ici repeinte d'un bleu violacé du meilleur goût...
Mais l'atout majeur du film est bien son sadisme assumé qui lui permet de développer un éventail de sévices des plus réussis. Hanté par la mémoire d'un bourreau exécuté, le château devient le théâtre de mises en scènes cruelles et/ou criminelles, qui en appellent au voyeurisme du spectateur de façon très ludique. 
Certes, les acteurs jouent n'importe comment, les personnages sont caricaturaux et les situations jamais crédibles, mais très vite on se laisse prendre au jeu du chat et des souris prises au piège. L'imagination et la cruauté de l'homme étant sans limite, la combinaison des deux donne des résultats étonnants, comme cette pièce transformée en toile d'araignée géante qui fait passer Kho-lanta pour un jardin d'enfants.
La toile...

Et puis, il y a le maître de céans, hôte malgré lui, ermite agoraphobe et nihiliste incarné par Mickey Hargitay, (culturiste célèbre dans les années 50-60, qui passa du statut de "Monsieur Univers" à celui de "monsieur Jane Mansfield") tout en muscles et en regard vide, dans un rôle taillé pour son absence de talent. 
Massimo Pupillo ne fait certainement pas partie des grands réalisateurs du cinéma de genre italien, mais Vierges pour le bourreau est, malgré tout, un des grands moments de ce cinéma qu'on disait "de quartier" et qui se pointe aujourd'hui en DVD à votre porte.

Le DVD :
...et Mickey, avec son peignoir directement taillé dans les rideaux du château
La copie 35mm, le transfert et le son sont nickels, ce qui permet de profiter à fond des corps en sueur des jeunes femmes à peine vêtues ou, selon ses goûts, de la plastique parfaite de Mickey Hargitay, moulé dans un costume de bourreau rouge vif particulièrement seyant.
En bonus, Alain Petit, créateur du fanzine mythique Le Masque de la Méduse et spécialiste (entre autres) du cinéma de genre italien, apporte ses lumières sur le film, installé devant sa collection de DVD. Mais lui, il est tout habillé...



En même temps que Vierges pour le bourreau, Artus Films sort donc L'Effroyable secret du docteur Hichcock de Riccardo Freda et L'Orgie des vampires de Renato Polselli. A suivre donc...

mercredi 16 mai 2012

TGP à L'Absurde Séance


Rendez-vous mensuel des amateurs de cinéma de genre, voire carrément déviant, L'Absurde Séance fait régulièrement le plein à Utopia Montpellier (quartier Fac de lettres).
Jeudi 17 mai, 20h30, Tokyo Gore Police, japonaiserie complètement barrée de Yoshihiro Nishimura, vous vengera du soleil printanier.
Info ici

vendredi 11 mai 2012

Une revue "nouvelle" ?


En juin, devrait arriver dans les kiosques So Cinéma,  premier numéro. Le projet est lancé en collaboration par le magazine So Foot et les éditions Capricci qui annoncent une revue différente, de son temps et influencée par l'esprit de So Foot
On s'interrogera sur le choix de mettre Ricky Gervais, personnalité géniale qui a fait largement ses preuves à la télévision mais nettement moins au cinéma, en couverture de ce numéro 1. Mais bon, le communiqué de presse revendique un certain décalage et un peu d'air frais ne peut pas faire de mal à la vieille presse spécialisée.Pour se faire une idée plus précise, voici d'ailleurs un bout de ce communiqué :
Quand on sait que Louis Skorecki, roi du journalisme-nombril, fera partie des rédacteurs réguliers, et qu'on connait les petits bouquins branchouilles édités par Capricci, on peut craindre le pire. 
Le sommaire de ce premier numéro s'annonce cependant croquignolet avec, outre un entretien avec Ricky Gervais, un reportage sur le cinéma barré de Nollywood (Nigéria), le cinéma de gangsters vu par un gangster, un dossier sur Les Muppets... Et, comme on peut le lire ci-dessus, une analyse des films catastrophes par le gourou Raël (?!)
Reste à savoir qui va dépenser 4,50€ pour lire l'avis d'un raté de la variété, reconverti en Skippy L'Escroc, sur les films de Roland Emmerich.
Ah, une dernière info destinée à la personne qui a rédigé le communiqué de presse : l'expression "behind the scene" existe en français, ça se dit "dans les coulisses". Mais bon, ça fait so province...

mardi 1 mai 2012

The Strangler : le chaînon manquant


Mardi 2 mai 2012. Les dealers de DVD de bonne famille affichent sur leur devanture, en tête de gondole, dans leur vitrine, le DVD du film Le Tueur de Boston (The Strangler). S'ils ne le font pas, vous pouvez les rayer de votre liste ou, à la rigueur, leur demander s'ils n'ont pas eu un problème avec leur transporteur...
En 1963, quelques mois après l'arrestation d'Albert De Salvo, tueur et violeur en série ayant traumatisé l'Amérique du début des années 60 et dont les victimes se comptent par centaines, sort sur les écrans ce film, librement mais directement inspiré par ce terrible personnage. Depuis, Le Tueur de Boston a été largement occulté par L'étrangleur de Boston (1968), inspiré de la même affaire, réalisé par Richard Fleischer et interprété par Tony Curtis et Henry Fonda. On pourrait croire l'escamotage justifié au vu de la puissance toujours intacte du film de Fleischer, audacieux et dérangeant, à ranger parmi les très grands films du réalisateur de Soleil Vert. La découverte de ce Tueur de Boston, réalisé par un nettement plus anonyme Burt Topper (8 films, un seul sorti en France : celui-ci...) permet de réaliser une fois encore que l'histoire du cinéma est un réservoir inépuisable de trésors enfouis.
Pourtant, on sent très vire que le budget est un peu léger, notamment au niveau des décors plutôt "cheap", ce qui n'entrave jamais la montée en intensité du film. Faut dire qu'on est cueilli d'entrée par une ouverture d'anthologie : voyeurisme désuet, meurtre nerveux et déviance fétichiste, le défilé peut commencer.  Le tueur Léo Kroll est un chercheur laborantin, obèse mais charismatique, incarné par Victor Buono, magistral dans un des rares premiers rôles de sa longue carrière. Il respire autant l'intelligence que la perversion en évitant tout cabotinage superflu et réussit à rendre le personnage tout-à-fait fascinant.
Plutôt que de s'appesantir sur les qualités remarquables d'une mise en scène serrée mais efficace, on remarquera simplement que, très peu de temps après Psychose, Le Tueur de Boston évite l'explication psychanalytique qui rend la fin du classique d'Hitchcock un peu vieillotte, et choisit de montrer les faits plutôt que les expliquer : on suit le tueur avec sa mère, avec ses victimes, avec la femme qui touchera son cœur, interrogé par la police, au travail, chez lui... Si on est encore loin de Maniac de William Lustig, on est tout de même collé à ses basques, pour ne pas dire en empathie. A ce titre, le traitement du personnage de Léo Kroll rappelle par moment la façon dont Michael Powell nous rapprochait du Mark Lewis de Peeping Tom.
Oh, et puis... assez parlé : si le début du film (ci-dessous) ne vous donne pas envie de voir le film, je rends mon tablier !

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Le DVD :
la copie 35 mm d'origine est pas mal rayée et mouchetée mais le transfert et le son sont de qualité très honorables. De toutes façons, le film est rare et indispensable...
En supplément, le spécialiste des tueurs en série Stéphane Bourgoin part du film pour évoquer dans les grandes largeurs la terrible histoire d'Albert De Salvo. Un exposé érudit, vif et plutôt effrayant qui déroule ses 38 minutes sans temps mort. Merci qui ? Merci Artus Films !