mercredi 9 février 2011

Hantik Films : DVD 01 et 02

Black Dragons et The Death Kiss, deux DVD sortis en début d'année, inaugurent la collection "The Scare-Ific" de l'éditeur Hantik Films. Deux films ayant en commun la présence du mythique Bela Lugosi et une certaine idée de la série B...

Le péril noir et jaune
Black Dragons, le titre qui porte le numéro 1 de la collection, présente surtout un intérêt historique. Produit en 1942, sous la houlette de "Jungle" Sam Katzman (250 films de genre produits, pour la plupart avec des budgets dignes d'Ed Wood) il est au croisement du film de propagande et de la plus modeste série B. On y découvre une sorte de société secrète, un conglomérat d'hommes d'affaires décidés à noyauter le système américain de l'intérieur. L'un d'eux, médecin, tombe sous l'emprise d'un mystérieux visiteur qui s'installe chez lui. C'est alors qu'on retrouve l'un de ses invités mort sur les marches de l'ambassade du Japon, un poignard à la main...

N'en disons pas plus : on ne saurait pas où s'arrêter ! A l'image des grands feuilletons qui firent les beaux jours de la presse écrite de la fin du XIXème, l'intrigue est rocambolesque à souhait, tirée par les poils d'une barbe postiche, sinueuse et fourbe comme l'ennemi jaune qui tente d'infiltrer le sol américain... Bela Lugosi, dans le rôle du mystérieux visiteur, use et abuse de son regard hypnotique, tandis que la "nièce" du docteur et un jeune enquêteur passent leur temps à monter et descendre les escaliers de la maison. La réalisation manque un peu d'action et d'inspiration, les invraisemblances s'accumulent à tous les étages, la précarité des décors et des éclairages trahissent la méthode Katzman... Malgré tous ses défauts, Black Dragons  reste le témoignage d'une époque révolue du cinéma, une production typique de la Monogram qui alimentait les salles à double-programmes de films plein de mystères tarabiscotés et de félons à la solde de l'ennemi.

Ca c'est un baiser !

Le deuxième titre, The Death Kiss, est une véritable découverte.
En 1932, 60 ans avant The Player de Robert Altman, le scénario habile signé Gordon Khan et Barry Barringer déroule une intrigue policière dans un studio de cinéma. Un acteur est assassiné et, comme c'est un séducteur invétéré, les suspects se multiplient avec, aux premières loges, la belle Marcia Lane, actrice vedette et ex-femme du défunt...
Du premier crime en plein tournage à la résolution qui se fera sur le re-shoot de cette même scène, une énigme menée avec brio montrera un scénariste écrivain mener l'enquête en parallèle d'une police marquant toujours un temps de retard. 
Les retournements sont nombreux et plutôt originaux, et l'utilisation des décors particulièrement ingénieuse (on passe du plateau à la projection des rushes, de la cabine au bungalow d'un technicien ou d'une actrice, multipliant les lieux sans presque jamais quitter le studio...)
Mais le tour de force du réalisateur Edwin L. Marin est de réussir un équilibre difficile entre histoire criminelle et comédie, aidé par un dialogue malin et quelques comédiens particulièrement toniques. 
Ajoutons à cela la présence à nouveau de Bela Lugosi, cette fois en directeur du studio, dans un rôle plus ambigu qu'il n'y paraît.
The Death Kiss, avec ses 70 minutes sans temps mort, porte magnifiquement ses 79 ans. Pourvu que personne n'ait l'idée d'en faire un remake !

Et quelques trésors sous-marins...
Si les copies d'origine sont évidemment tributaires de leur grand âge, les masters sont honorables et à la hauteur des films proposés. Mais l'intérêt de ces éditions est ailleurs. Hantik Films joue la carte du charme et les deux DVD portent la marque des véritables amateurs de cinéma de genre qui sont derrière cette collection.

Les livrets sont rédigés par le maître Jean-Pierre Putters qui, comme à son habitude, dissimule sa science cinéphilique sous son goût prononcé pour les calembours foireux et l'anecdote piquante. Précisons cependant aux amateurs de suspense qu'il vaut mieux lire la prose de monsieur Putters après visionnement car il "spoïle" à tout-va !
Mais le vrai trésor de cette collection est le bonus récurrent : deux épisodes du sérial Undersea Kingdom par volume, une aventure palpitante qui vous conduira sous la mer, à la découverte de l'Atlantide, en compagnie d'un savant fou, d'une journaliste débrouillarde, d'un gamin intrépide, et de Ray "Crash" Corrigan, athlète qui débuta sous la peau d'un gorille dans Tarzan, mais se montre ici tout en chair et en muscles saillants ! 
Avec ses Atlantides portant le bonnet de bain à crête, et ses robots en fer blanc, Undersea Kingdom rend l'acquisition de ces deux premiers titres absolument impérative.
En espérant que les prochaines sorties d'Hantik proposeront la suite du serial...
 
video
Un extrait trépidant du feuilleton Undersea Kingdom


Plus d'infos et commandes : Hantik Films

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